Monsieur de Moreau (membre du club Probus de Liège Sud) nous a présenté ce jeudi 6/02/2025 sa conférence « Les Nouvelles Routes de la Soie » de manière très documentée. Ce sujet est très actuel et en relation directe avec les évènements que nous vivons tous les jours. Il a accompagné son exposé d’une série de photos et diapositives remarquables : Un tout grand merci à lui. Voici le magnifique résumé rédigé par Monique et quelques photos.
« Historiquement, les routes de la soie étaient un réseau d’échanges commerciaux reliant le monde chinois au bassin méditerranéen, depuis l’Antiquité. Lorsque l’Empire byzantin tomba aux mains des Turcs en 1453, l’Empire ottoman ferma la route de la soie et coupa tous les liens avec l’Ouest.
Les Nouvelles routes de la soie sont un projet stratégique chinois initié en 2013 par Xi Jinping, président de la République populaire de Chine visant à relier économiquement la Chine à l’Europe, en intégrant les espaces d’Asie Centrale par un vaste réseau de corridors routiers et ferroviaires dénommé OBOR (One Belt, One Road « une ceinture, une route ») qui devient, en 2017, BRI (Belt and road Initiative).
Dans son versant maritime, ce réseau de routes commerciales inclut les espaces africains riverains de l’Océan indien. Depuis, ce projet est devenu central dans la politique économique chinoise. Il concerne plus de 68 pays regroupant 4,4 milliards d’habitants et représentant près de 40 % du produit intérieur brut (PIB) de la planète. Les banques et institutions financières chinoises, notamment la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), ont largement été sollicitées pour mettre en place un tel projet.
Les objectifs économiques sont multiples pour la Chine : il s’agit d’accroître ses exportations, d’écouler sa
production et de trouver de nouveaux marchés pour ses entreprises de bâtiments et de travaux publics.
Ce concept consiste à promouvoir une série d’infrastructures de transport des marchandises sur son territoire mais surtout à l’étranger suivant une logique de corridors. Ces infrastructures sont principalement des routes et autoroutes, des ponts et tunnels, des lignes ferroviaires, des terminaux portuaires, des centres logistiques et, enfin, des aéroports.
En effet, la Chine est en surcapacité industrielle. Or, l’Asie centrale est un marché en pleine expansion. Autre objectif économique, la création de ces routes répond également à un besoin de diversification et de sécurisation de ses approvisionnements énergétiques L’Asie centrale représente pour la Chine un intérêt majeur afin de se libérer de sa dépendance énergétique vis-à-vis des pays du Golfe et de la Russie. En solidifiant des accords de coopérations avec des pays comme le Sri Lanka, le Bangladesh ou la Birmanie, elle assure en même temps la sécurité de ses nouvelles routes d’approvisionnement. Politiquement, l’objectif est autant intérieur qu’international.
Sur le plan interne, il s’agit pour la Chine d’assurer l’intégrité de son territoire. La province du Xinjiang, très riche en matières premières et au carrefour des routes d’hydrocarbures, est régulièrement en proie à des conflits ethniques. Pékin souhaite que l’aide au développement des pays limitrophes (Afghanistan, Kazakhstan, Kirghizstan), réduise l’instabilité aux frontières et à l’intérieur du pays. »

